Recherches


Dans leur ensemble, mes travaux de recherche visent à dépasser la notion de « gouvernement par les nombres » en pensant ensemble déconstruction du travail statistique et analyse de ses usages, non-usages et usages détournés (qu’ils soient politiques, administratifs, savants, syndicaux, etc.) – le tout, sans renoncer à considérer le matériau quantitatif comme une source pertinente pour les sciences sociales. Abordés dans une telle perspective, mes principaux thèmes de recherche sont l’histoire de l’État et de l’administration ; la sociologie historique de la quantification et des instruments d’action publique ; l’histoire sociale et politique des populations.

 

En cours

 

SilicosisJ’ai été post-doctorant au Centre d’études européennes de Sciences Po. de septembre 2013 à août 2014 dans le cadre du projet de recherche « SILICOSIS – De la silicose aux maladies respiratoires chroniques : Une approche par l’histoire de l’épidémiologie en France, en Europe et en Afrique australe, de 1900 à nos jours« ,  financé l’ERC et dirigé par Paul-André Rosental. J’ai alors été chargé d’une enquête de démographie historique et spatiale sur la mortalité associée aux pneumoconioses et aux affections respiratoires au XXe siècle.

Il s’agissait d’analyser les travaux et débats contemporains consacrés à ces questions et de retracer des séries statistiques afin de représenter à la fois ces phénomènes et leur sous-enregistrement (qu’il s’agit d’essayer de contourner…). L’équipe silicosis dispose d’un site internet dédié en français et en anglais, en cliquant sur la miniature vous pourrez accéder au descriptif du projet d’ensemble.

*

À l’heure actuelle, je poursuis ces recherches tout en continuant en parallèle mes investigations relatives à la question des relations entre statistiques et transformations de l’État par la construction d’un programme de recherche intitulé « Gouverner sans compter. Statistiques et transformations de l’État (France, XIXe-XXe siècles)« . « Gouverner sans compter ? Statistiques et politiques de la Fonction publique en France ». Depuis peu ce programme a pris une tournure plus comparative, incluant les États-Unis et la Grande-Bretagne. L’intérêt suscité par cette démarche lors d’un séminaire en mars 2015 m’a convaincu de l’intérêt de la pousser plus loin.

Ce projet vise à étudier des interactions pratiques entre savoirs et pouvoir, tant au niveau de politiques de la fonction publique qu’à celui de la gestion du personnel administratif, en accordant une attention spécifique aux circulations (internationales, mais aussi public/privé) des savoirs, ainsi qu’aux pratiques et aux représentations des acteurs.

 

Précédemment

 

TheseJ’ai soutenu, le 16 septembre 2013, une thèse de doctorat en histoire contemporaine intitulée Trop de fonctionnaires ? Contribution à une histoire de l’État par ses effectifs (France, 1850-1950), pour laquelle j’ai mené une analyse simultanée du processus de fabrication du nombre des fonctionnaires, de son usage par les contemporains et de l’élaboration d’une politique de la fonction publique.

Résumé : Un spectre hante les réformes de l’État depuis plusieurs décennies : le nombre des fonctionnaires. Objet d’une attention politico-médiatique croissante ces dernières années, la question des effectifs de l’État est longtemps restée un angle-mort des recherches en sciences sociales. Tout se passe comme si le double discours contradictoire et persistant selon lequel d’un côté la France compterait trop de fonctionnaires, de l’autre l’État serait lui-même incapable de compter ses agents, relevait de l’évidence. Cette thèse de doctorat propose de prendre au sérieux la question du nombre des fonctionnaires en contribuant à une histoire de l’État par ses effectifs en France de 1850 à 1950.

À travers l’analyse simultanée du processus de fabrication du nombre des fonctionnaires, de son usage par les contemporains et de l’élaboration d’une politique de la fonction publique, l’objet de cette recherche est double. Il s’agit, d’abord, d’interroger la pertinence d’une application de la notion de « gouvernement par les nombres » à la question des effectifs de l’État. Cette déconstruction du travail statistique et de ses usages politiques doit nous permettre, ensuite, de replacer le matériau quantitatif ainsi analysé au cœur des sources pertinentes de l’histoire de l’État moderne. En somme, il s’agit de proposer une relecture du processus de développement administratif au prisme de l’évolution du nombre des serviteurs de l’État.

Le texte intégral de la thèse est accessible en ligne en PDF sur HAL-SHS, vous pouvez aussi lire le texte de mon exposé de soutenance sur mon carnet Penser/Compter ou en PDF sur le site de l’Atelier du Centre de recherche historique.

*

Auparavant, après quelques mois de vacations entre 2003 et 2005 (travaux de recherche documentaire, de dépouillements et de saisie informatique en archives départementales, municipales ou en bibliothèques) et une maîtrise en histoire contemporaine des relations internationales (« Les démocraties occidentales et la non-intervention en Espagne : antécédents, manifestations et conséquences (1931-1939) » soutenue en septembre 2005 à l’université Paris 7) ma première véritable expérience de recherche a débuté en décembre 2005, lorsque j’ai été recruté pour mener une recherche sur l’évolution des effectifs et des missions des ministères sociaux sous la Ve République.

Sous la direction scientifique de Marc Olivier Baruch, Alain Chatriot et Paul-André Rosental, j’ai mené une étude statistique commandée par la direction de l’Administration générale, du personnel et du budget (DAGPB) du ministère des Affaires sociales en tant qu’ingénieur d’étude contractuel. D’un point de vue scientifique, cette première expérience a été l’occasion d’acquérir un certain nombre de compétences concernant l’identification et l’exploitation des statistiques publiques concernant les fonctionnaires.
Par un déplacement de focale (des Affaires sociales sous la Ve République à l’État dans son ensemble du milieu du XIXe siècle au milieu du XXe siècle) et surtout d’objet (d’une analyse purement quantitative à un questionnement sur le rapport de l’État aux chiffres) j’ai ainsi pu donner une traduction scientifique à une recherche appliquée, d’abord dans le cadre d’un master en sciences sociales (« L’État saisi par ses effectifs : contribution à une histoire de l’État au XXe siècle« , soutenu en juin 2007) puis, grâce à l’obtention d’une allocation de recherche du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dans le cadre de la thèse de doctorat précitée.

Print this pageTweet about this on TwitterShare on Facebook0Buffer this pageShare on Google+0Digg thisEmail this to someoneShare on Tumblr0Share on LinkedIn0Flattr the authorShare on StumbleUpon0Share on Reddit0Pin on Pinterest0